Ça vient d’où So-Lam ?

Ça vient d’où So-Lam ?

C’est ancien, très ancien, d’un point de vue humain évidemment. Au départ, c’était une histoire inspirée de Star Wars mais qui se passait à l’époque médiévale. J’avais à peine 17 ans quand j’ai commencé. C’était en 1997. Ça ne s’appelait pas So-Lam, ce nom est plutôt récent en fait. Ça s’appelait « Le Mythe de Mygwy ». Mais qui est donc ce Mygwy ? C’était une patte de lapin avec des billes pour faire ses yeux et un bout de tissus en guise de museau. C’était mon foutu porte-clé ! J’ai toujours été considéré comme un fucké, pendant mon enfance et même une fois adulte. Je ne comprends toujours pas pourquoi…

Pour en revenir à So-Lam, au départ c’était une histoire assez simple: Une guerre entre le bien et le mal. La fée des eaux et ses armées combattaient l’Ultime Diable et ses armées. C’était simple mais c’était cool. Assez cool pour que je décide de l’écrire à plusieurs reprises, jamais satisfait de ce que je pondais. C’était devenu un projet à long terme, genre un livre que j’allais écrire à temps perdu quand j’allais être chirurgien. Oui, c’était la ligne qui se dessinait devant moi: Les sciences. J’étais une « bole » sans même me forcer à l’école. Aussi bien rentabiliser cela !

C’est au CÉGEP que tout s’est gâché… Mon univers créé de toutes pièces dans ma tête m’intéressait bien plus que les sciences ! La réalité était beaucoup trop contraignante versus mon imagination. De surcroît, j’ai étouffé ma peine d’amour avec So-Lam. C’était durant l’année et demie où je ne sortais pas avec ma femme actuelle. Nous sommes sortis ensemble une semaine (risible, on ne s’est même pas vu). Quelques mois plus tard, elle tombait vraiment en amour avec moi. L’union a duré un an, nous nous sommes laissés un an et demi (c’est là que So-Lam est devenu un monstre) et nous nous sommes acoquinés à nouveau. C’était il y a plus de 14 ans. À chaque fois que ma femme chiale que mes projets prennent trop de place, j’ai le plaisir de lui rappeler que c’est de sa faute… Quoique, c’est moi qui l’avais laissé, mais c’était parce que je croyais qu’elle n’était pas heureuse avec moi. J’avais interprété une petite chicane comme une absence de bonheur. J’avais 17 ans. J’étais jeune, surtout dans ma tête. Ça reste que c’est un signe que So-Lam doit exister: Pour compenser l’absence de ma rouquine d’amour, j’ai créé l’univers fantastique le plus complexe et original depuis le Seigneur des Anneaux.

Autre signe, qui est aussi arrivé durant mon célibat: J’habitais chez mon parrain et ma marraine qui avaient le câble !  Je pouvais écouter Reboot et Beast Wars, parmi les premiers dessins animés créés grâce aux logiciels 3D. Je disais toujours que s’il y avait des écoles de 3D au Québec, je lâcherais tout et me lancerais là dedans. Malheureusement pour le docteur à venir, j’ai ouvert ce jour là le journal étudiant. Jamais je n’avais ouvert le journal étudiant avant. JAMAIS. Ce jour là, il y avait un article qui relatait que les meilleures écoles d’animation 3D au monde étaient au Québec !!! MON RÊVE ÉTAIT POSSIBLE !!!!!

Je crois que c’est deux semaines plus tard que j’ai abandonné le CÉGEP. Je suis allé travailler dans une usine pour m’économiser les 5000 dollars que j’avais besoin pour me payer le cours mais surtout, je devais impérativement m’améliorer en dessin. J’avais une imagination débordante mais aucune technique de dessin. Je me débrouillais mais je n’avais pas ce qu’il fallait pour être un pro. Ça m’a pris trois ans de pratique et d’économies avant d’être accepté à l’école. J’avais réussi !! Avec le recul, je comprend aujourd’hui qu’ils m’avaient pris parce que j’étais très persévérant et que j’avais l’argent. Je n’avais pas le talent et c’est pourquoi malgré tout cet effort, je n’ai pas travaillé en cinéma ou en jeux vidéos… À part une courte expérience qui m’a presque détruit… À trop vouloir être performant au delà de nos compétences, on se brûle vite…

Peu importait, de toutes façons l’animation 3D n’était qu’un tremplin pour pouvoir donner vie à So-Lam. Parce qu’avec le temps, So-Lam était devenu une série de film digne du Seigneur des anneaux ou de la Matrice ! La seule question était comment j’allais réussir cet exploit… C’est encore la question aujourd’hui mais j’ai tellement progressé…

Comment une petite idée folle avait pu prendre autant d’ampleur dans mon esprit ? C’est une obsession, simplement. J’ai sans cesse gonflé l’histoire dans ma tête. Je n’aurais jamais cru que ça deviendrait si gros. J’ai une partie de mon cerveau qui ne sert qu’à ça ! Vu que le destin est de mon bord, il m’est même arrivé un grave accident pour changer la ligne de ma vie:

J’étais à pied. Mon sac-à-dos était pleins de nourriture que j’avais achetée pour remplir le garde-manger de mon premier appartement. Enfin, j’habitais avec ma rouquine de malheur… de bonheur je veux dire, de bonheur… Donc le premier jour que nous habitions ensemble, je me suis fait frapper par une voiture à 70 km/h. J’ai perdu conscience et je me suis réveillé dans l’ambulance. Après avoir passé tous les scans possibles, je n’avais qu’une petite commotion cérébrale, un pied cassé à cinq endroits et un nerf sectionné dans la cuisse. Habituellement, nous n’avons que 13 % de chance de survie suite à un impact comme celui là. Moi je suis sorti de l’hôpital en béquille quelques heures plus tard. À cause de ça, je ne gagnerai jamais à la loterie, j’ai déjà eu ma chance extraordinaire.

Cette convalescence de sept mois m’a permis de commencer l’écriture de la genèse de So-Lam. C’est qu’une histoire aussi folle méritait que je me donne la peine d’approfondir la mythologie qui se cachait derrière. J’ai donc remonté à la création de la Terre et j’ai tout inventé jusqu’à l’histoire que j’avais imaginée à mes 17 ans. Cette convalescence m’a permis de trouver un nouvel emploi plus payant qui me permettait d’écrire dans mes temps libres. Tout se plaçait pour que So-Lam voit le jour. Quand j’ai été rendu à écrire l’histoire que j’avais créé au départ à mes 17 ans, ce n’était plus la même chose ! Tout est plus solide, plus complet, plus profond, plus poussé, plus grandiose, plus parfait. Je capote !!!!

Ce nouvel emploi plus payant m’a aussi permis d’avoir des enfants avec « la cause de So- lam » (j’imagine déjà sa face quand elle va lire ça !). Évidemment, je ne pouvais attendre de raconter So-lam à la chair de ma chair. C’est que So-lam, c’est très violent, très tragique, très « pas pour les enfants ». J’ai donc eu l’idée de génie de créer des contes pour enfants avec les protagonistes de So-Lam. 20 histoires édifiantes qui sont une belle introduction à l’univers de So-Lam. J’ai aussi compris que c’était la première étape viable de mon projet. Parce que je me suis cherché mes amis, vous n’avez pas idée ! Les scénarios, les courts-métrages, la photo, la vidéo… J’ai tout appris ce que je pouvais pour m’aider à créer So-lam. La seule chose que je ne voulais pas faire pour créer les films de So-lam, c’était d’aller étudier en cinéma… Je suis très conséquent moi ! La logique c’est que je refuse d’être formaté, je veux un cheminement unique pour une histoire unique… J’ai passé ma vie à écouter des films, je dois bien être capable d’en faire ? De toutes façons, combien d’étudiants ont un diplôme en cinéma et font des films ? Pas beaucoup. C’est pourquoi je préférais savoir « comment » faire des films pour les faire moi-même et mieux comprendre toutes les facettes du septième art…

En ce qui concerne le nom final So-Lam, c’est si simple que c’en est cave… C’est le mélange de « Soul » et « Âme », qui sont le même mot, en français et en anglais. C’est que, c’est de l’âme que les personnages puisent leurs pouvoirs fantastiques. C’est tout. Par hasard, c’est aussi un mélange de « lam » et « so-ham », les mantras utilisés dans une sorte de yoga pour stimuler le chakra racine et le chakra couronne respectivement. Un autre signe…

C’est tout ça So-Lam. C’est moi.

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